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Ô mort, où donc est ta victoire ?

C’est le cri que Paul lance à la communauté chrétienne réunie à Corinthe (1 Co 15, 55).
C’est le chant d’espérance du matin de Pâques, ce matin unique entre tous qui a vu la pierre roulée, le tombeau vide, et entendu le message de la Résurrection qui a transformé le monde et nos vies.

C’est le chant des croyants que nous sommes et que nous ne cessons de proclamer dans l’aujourd’hui de notre monde.

C’est le chant de notre foi, qui habite au plus profond de notre cœur et qui donne sens à tout ce que nous vivons ici-bas tout en étant citoyens du Royaume déjà là. Mais cependant ce chant se heurte aujourd’hui encore à toutes ces forces de la mort que nous trouvons tellement agissantes au cœur de l’homme et au cœur de notre humanité. Que de nouvelles terribles nous parviennent, venant de tous lieux, de toutes situations, y compris du sein même de l’Église du Ressuscité ! Que de voix criant la force du mal à l’œuvre et de son sinistre cortège ! Que de tristesses, de peines véhiculées, qui peuvent faire douter de la victoire de la Croix ! Nous ne pouvons pas les ignorer, nous ne pouvons pas les nier mais nous ne pouvons pas non plus leur laisser le dernier mot, leur laisser l’illusion de la victoire. Pas plus que de nous « verrouiller par crainte » en quelque lieu qui serait une fuite de ce monde. Mais alors que faire ? Vivre l’évènement pascal en plénitude : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Être croyant, c’est savoir que le Christ est descendu aux Enfers, au plus profond des forces de la mort pour nous arracher à leur puissance et nous rétablir dans sa grâce, et cela en pure miséricorde. C’est vivre ce dimanche de la Miséricorde, cette année de la Miséricorde dans la confiance et l’abandon, reconnaissant au cœur même de nos péchés que le Seigneur inscrit en nous son histoire de Salut définitivement établi dans sa Pâque. 

IL EST VIVANT, LA MORT EST VAINCUE, LE PARDON EST OFFERT, LA CONVERSION EST ATTENDUE MAINTENANT, LE ROYAUME EST PRÉSENT, DIEU EST VENU JUSQU’A NOUS POUR QUE NOUS ALLIONS AVEC LUI.

« Placés devant l’impossibilité d’abolir complètement l’injustice et de vivre pleinement la miséricorde et l’amour en ce monde, il ne nous reste plus en fin de compte qu’à faire appel à la miséricorde de Dieu. Elle seule peut nous donner la garantie qu’à la fin ce ne sera pas le meurtrier qui aura la victoire sur la victime innocente et qu’à la fin la justice sera rendue pour tous. L’espérance d’une justice et d’une réconciliation dans l’au-delà, lors de la résurrection des morts, rend la vie en ce monde vraiment vivable et digne d’être vécue. Elle permet de lâcher prise, dans une impatiente patience et une patience impatiente. »

Cardinal Kasper : la Miséricorde, notion fondamentale de l’Évangile. P.200

IL EST VRAIMENT RESSUSCITÉ, ALLELUIA

 

Eau Vive n°594