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couleurdumois

Septembre

 

1_DSC_0650---copie.jpgSelon les vignobles, les vendanges ont commencé avec parfois plus de trois semaines d’avance. Et déjà les maîtres de chais envisagent un millésime pour la cuvée 2011. On nous parle d’un vin qu’il fera bon garder quelques années dans nos caves pour en profiter plus tard, et savourer ce fruit de la vigne qui réjouit le cœur de l’homme.

 

Alors par analogie je me demande ce que sera la cuvée de notre année pastorale à venir ?

L’image de la vigne est très présente dans l’Ancien Testament : la vigne, c’est le peuple de Dieu ; le vigneron c’est Dieu. Il cultive sa vigne, la travaille, la protège et en attend de beaux fruits. Mais que donnera t’elle ?

«Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne !
Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ?
Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.
La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse »  Isaïe 5, 1-7

Elle est aussi présente dans le Nouveau Testament : mais cette fois-ci la vigne c’est le Christ et nous en sommes les sarments. Elle est aussi son Eglise qui ne peut porter du fruit que en communion avec lui qui est le vrai cep. C’est aussi le monde à travailler et pour lequel le Maître ne cesse d’embaucher et d’envoyer des vignerons.

« Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. » Jean 15, 1-8

Jésus disait : « En effet, le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.' Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.  Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?'
Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.'
Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !'
Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?'
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. » Matthieu 20, 1-16

Les Pères de l’Eglise ont aussi beaucoup commenté cette image de la vigne. Voici ce que disait Saint Jean Chrysostome, évêque de Constantinople  ( 407) :
« Je suis la vigne, vous êtes les branches. » Que veut nous faire entendre le Sauveur par cette parabole ? Que celui qui n’écoute point sa parole ne peut vivre, et que c’est par sa vertu et par sa puissance que s’opèreront les miracles et les prodiges qui doivent arriver. « Mon Père est le vigneron. » Quoi donc ? Le Fils a besoin du secours de son Père ? A Dieu ne plaise ! Ce n’est point là ce qu’insinue cette parabole.
Remarquez, mes frères, avec quelle exactitude Jésus Christ l’explique. Il ne dit pas que le vigneron a soin de la racine, mais des branches ; il ne fait point mention de la racine ; c’est pour apprendre à ses disciples que, séparés de lui, et sans sa vertu et son assistance, ils ne peuvent rien faire, et qu’ils doivent se joindre et s’unir à lui par la foi, de même que la branche est jointe, et unie à la vigne : « Le Père retranchera toutes les branches qui ne portent point de fruit en moi ». Jésus Christ parle ici de la vie, et déclare que nul ne peut demeurer en lui sans les œuvres. « Et il émondera toutes celles qui ne portent pas du fruit » ; en d’autres termes, il en aura grand soin. »  Sermon 76 sur Jean

Le Concile Vatican II, dans la constitution dogmatique sur l’Eglise ( Lumen Gentium), reprendra cette image :
« Tout comme dans l’Ancien Testament la révélation du Royaume est souvent présentée sous des figures, de même maintenant c’est sous des images variées que la nature intime de l’Église nous est montrée, images tirées soit de la vie pastorale ou de la vie des champs, soit du travail de construction ou encore de la famille et des épousailles, et qui se trouvent ébauchées déjà dans les livres des prophètes. L’Église, en effet, est le bercail dont le Christ est l’entrée unique et nécessaire (Jn 10, 1- 10). Elle est aussi le troupeau dont Dieu a proclamé lui-même à l’avance qu’il serait le pasteur (cf. Is 40, 11 ; Ez 34, 11s.), et dont les brebis, quoiqu’elles aient à leur tête des pasteurs humains, sont cependant continuellement conduites et nourries par le Christ même, Bon Pasteur et Prince des pasteurs (cf. Jn 10, 11 ; 1 P 5, 4), qui a donné sa vie pour ses brebis (cf. Jn 10, 11-15). L’Église est le terrain de culture, le champ de Dieu (1 Co 3, 9). Dans ce champ croît l’antique olivier dont les patriarches furent la racine sainte et en lequel s’opère et s’opérera la réconciliation entre Juifs et Gentils (Rm 11, 13-26). Elle fut plantée par le Vigneron céleste comme une vigne choisie (Mt 21, 33-43 par. Is 5, 1 s.). La Vigne véritable, c’est le Christ : c’est lui qui donne vie et fécondité aux rameaux que nous sommes : par l’Église nous demeurons en lui, sans qui nous ne pouvons rien faire (Jn 15, 1-5). » Lumen Gentium n° 6 : les images de l’Eglise.


Mais si nous voulons vraiment méditer cette comparaison de la vigne, nous ne pouvons pas ne pas nous replonger dans la magnifique exhortation apostolique du pape Jean-Paul II : Les fidèles laïcs. 1988.
Avec force ce texte nous redit que la mission dans la vigne de Dieu n’est pas le spécifique de quelques spécialistes mais le bien de tout le peuple de Dieu, de tous les fidèles laïcs, au nom même de leur baptême :
« Allez, vous aussi. L'appel ne s'adresse pas seulement aux Pasteurs, aux prêtres, aux religieux et aux religieuses; il s'étend à tous: les fidèles laïcs, eux aussi, sont appelés personnellement par le Seigneur, de qui ils reçoivent une mission pour l'Eglise et pour le monde. Saint Grégoire le Grand le rappelle, lorsque, prêchant au peuple chrétien, il commente la parabole des ouvriers de la vigne: «Examinez donc un peu, mes frères, votre mode de vie, et vérifiez bien si déjà vous êtes des ouvriers du Seigneur. Que chacun juge ce qu'il fait et se rende compte s'il travaille dans la vigne du Seigneur» (n° 2.)

«Le sens fondamental de ce Synode, et donc son fruit le plus précieux et désiré, c'est de porter les fidèles laïcs à écouter le Christ qui les appelle à travailler à sa vigne et à prendre une part très vive, consciente et responsable à la mission de l'Eglise, en ce moment magnifique et dramatique de l'histoire, dans l'imminence du troisième millénaire. Il n'y a pas de place pour l'inaction, lorsque tant de travail nous attend tous dans la vigne du Seigneur. Le «maître du domaine» répète avec plus d'insistance encore: «Allez, vous aussi, à ma vigne». La voix du Seigneur résonne certainement en chaque chrétien, au plus profond de son être. Chacun, en effet, est configuré au Christ par la foi et les sacrements de l'initiation chrétienne, est inséré comme un membre vivant dans l'Eglise, et est sujet actif de sa mission de salut. La voix du Seigneur se transmet aussi à travers les événements de l'histoire de l'Eglise et de l'humanité, comme nous le rappelle le Concile: «Mû par la foi, se sachant conduit par l'Esprit du Seigneur qui remplit l'univers, le Peuple de Dieu s'efforce de discerner dans les événements, les exigences et les aspirations de notre temps, auxquels il participe avec les autres hommes, quels sont les signes véritables de la présence ou du dessein de Dieu. La foi, en effet, éclaire toutes choses d'une lumière nouvelle et nous fait connaître la volonté divine sur la vocation intégrale de l'homme, orientant ainsi l'esprit vers des solutions pleinement humaines» (n°3)


« C'est pourquoi j'adresse, à tous et à chacun, une vive exhortation à ne jamais se lasser de maintenir éveillée, dans le coeur et dans la vie, la conscience ecclésiale, c'est-à-dire la conscience d'être membre de l'Eglise de Jésus-Christ et de participer à son mystère de communion et à son énergie apostolique et missionnaire. Il est souverainement important que tous les chrétiens aient conscience de l'extraordinaire dignité qui leur a été donnée par le Baptême: par grâce, nous sommes appelés à être des enfants aimés du Père, membres incorporés à Jésus-Christ et à son Eglise, temples vivants et saints de l'Esprit. Ecoutons encore une fois, avec émotion et reconnaissance, les paroles de Jean l'Evangéliste: «Voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés: Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes!» (1 Jn 3, 1). » (n° 64)

 

Voilà que nous allons commencer une nouvelle année pastorale.


Puissions-nous le faire avec joie et dynamisme, entendant personnellement l’appel du Seigneur à « travailler à sa vigne » pour qu’elle produise du fruit en abondance.


Puisse cette année être celle d’un grand millésime spirituel dans la mouvance du Concile de Vatican II  dont nous allons célébrer l’anniversaire.

Père Bruno

 

 

Intention de prière du pape Benoît XVI pour le mois de septembre


"Pour tous les enseignants,

afin qu'ils sachent transmettre l'amour de la vérité et

éduquer aux valeurs morales et spirituelles authentiques.
Pour que les communautés chrétiennes éparpillées

sur le continent asiatique proclament l'Evangile
avec ferveur, et témoignent de sa beauté par la joie de leur foi."


 

 

Tous nos remerciements à Bertrand Bouvy pour ses très belles photos 

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