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Même déconfinés, continuons à prier et méditer ! n°46

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (15, 12-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

 

Méditation

Père Léonard Agossou, vicaire de l'Unité pastorale de la Vallée-des-Baux

Le passage d’évangile que la liturgie d'aujourd'hui nous propose est la suite du dernier discours de notre Seigneur à ses disciples, et le centre d’intérêt principal de cette séquence me semble être l’amour mutuel au sein du groupe des disciples, c’est-à-dire le lien de charité qui devra unir ses propres disciples quand il ne sera plus là physiquement. En effet, dans ce texte qui ne comprend que six versets, le Seigneur fait revenir le verbe aimer quatre fois et le substantif amour une fois, donc au total cinq fois l’usage réuni des mots aimer et amour. Il faut ajouter que ce texte est encadré par la même idée, je dirais, par la même parole. En effet, il commence par « Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ; et son mot de la fin est encore : Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. Ce qui montre que c’est un sujet qui urge, qui presse et qui préoccupe le Seigneur. Ses disciples à qui il s’adresse ne devraient donc pas prendre cela à la légère, mais comme un commandement, un ordre. Ce n’est pas de l’amusement, c’est sérieux, comme le dit quelqu'un.

« Aimez-vous les uns les autres » : les disciples sont invités par leur divin Maître à s’aimer mutuellement.  Amour mutuel entre disciples ! Évidemment, le moins que je puisse penser, c’est qu’il ne s’agit pas ici d’une inclination les uns envers les autres, qui serait à caractère passionnel, encore moins sexuel, mais d’un sentiment vif, dynamique, qui pousse à se vouloir et à se faire mutuellement du bien, à se soutenir, à s’aider en se mettant les uns à la place des autres, dans leur vie quotidienne comme dans leur mission d’évangélisation.

Oui, amour mutuel entre eux ! Mais serait-il  le type d’amour qui exclut les personnes étrangères à leur cercle ? Je pense que non. Nous savions déjà que le Seigneur avait déjà intimé ailleurs à ces mêmes disciples l’ordre d’aimer tout le monde, y compris les ennemis (cf. Mt 5, 43-48). Mais dans ce présent texte, le Seigneur leur ajoute l’enseignement sur le lien d’amour et de charité qui devra régir leurs rapports au sein de leur groupe. Ce ne sera pas des rapports de force, mais des rapports d’amour. Car, d’une part, en tant que disciples du Seigneur, ils ne sauraient être crédibles aux yeux du monde, si, en leur propre sein, c’est la loi de la jungle et de la haine réciproque qui régnerait ; leur groupe ne saurait être une équipe qui gagnerait s’il était déchiré par des tensions internes, des rivalités, des luttes fratricides et des coups bas de toutes sortes. D'autre part, le collège des Apôtres ne saurait non plus prétendre aimer et servir d’exemple à des gens de leur entourage ou loin de chez eux, alors que, entre eux, tout près, c’est le principe de « la raison du plus fort est la meilleure » qui bat son plein. D'ailleurs s’il en était ainsi, leur groupe pourrait-il tenir longtemps ? Le désir de leur Maître est la cohésion d’un groupe soudé par l’amour en vue de porter du fruit, et du fruit qui demeure. C’est à cette seule condition qu’ils réussiraient à être la lumière du monde et le sel de la terre (cf. Mt 5, 13-16).

L’amour dont les disciples doivent s’aimer les uns les autres, ce n’est rien d’autre que celui dont Jésus, leur Maître les a aimés. En cette matière, Jésus lui-même se propose comme le modèle à imiter : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». En effet, Lui, il les a aimés d’un amour total, de façon désintéressée, sans condition, jusqu'à leur laver les pieds comme un esclave le ferait à son maître. L’évangile de Jean le dit si bien : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'au bout » (Jn 13, 1b). Il a aimé et n’a pas hésité à verser son précieux sang sur la croix. Il a compris la fragilité et les faiblesses de ses disciples ;  il leur a pardonné leurs lâchetés.

Aujourd'hui, les disciples de Jésus, c’est tous ceux-là qui ont été plongés dans l’eau du baptême. Ce sont les chrétiens, les croyants. C’est toi, mon frère, c’est toi ma sœur, c’est tous les chrétiens laïcs, c’est nous les prêtres, ce sont les religieuses et religieux, et tous ceux-là qui sont au sommet qui servent dans la foi catholique reçue des Apôtres. C’est à nous tous que le Christ lance cet appel comme il l’a fait il y a plus de deux mille ans, à Pierre, à Jean, à Jacques, etc. : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Nous ne saurions plaire à Jésus notre Maître si nous ne nous aimions pas les uns les autres comme il nous a aimés. Nous ne saurions être ses amis si nous ne faisions pas ce qu’il nous commande. Aimons-nous les uns les autres en vérité et en esprit, et nous transformerons le monde. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

 

Prière

Nous pouvons réciter ensemble à midi, un « Je vous salue Marie », un « Notre Père », et la « Prière en temps d’épidémie » écrite par un prêtre du diocèse :

 

Prière en temps d’épidémie

Saint Roch et saint Sébastien, amis du Seigneur Jésus, vous qui avez connu l’épreuve de la souffrance et de la maladie, soyez aujourd’hui les ambassadeurs de notre prière auprès de Dieu notre Père. En ce temps d’inquiétude et d’incertitude, nous recourons à vous avec confiance pour demander votre intercession.

Comme nos aïeux en Provence qui n’ont jamais désespéré de Dieu dans les pires moments des épidémies de peste et se sont toujours confiés à vous, nous renouvelons cette fidélité à l’heure du coronavirus qui nous frappe aujourd’hui.

Grand saint Roch, grand saint Sébastien, vous qui contemplez le visage de Dieu dans la gloire du ciel, voyez vos frères et sœurs d’ici-bas qui sont aux prises avec les flèches de la maladie aux quatre coins du monde.

Vous qui goûtez la plénitude de l’amour du Saint-Esprit, demandez-lui pour nous la fraîcheur dans la fièvre, la guérison pour ce qui est blessé.

Vous que la sainte Vierge Marie a présenté à Dieu après l’épreuve, demandez-lui de nous prendre dans son manteau de miséricorde et de dire à son Fils que nous manquons du vin de la joie.

Vous qui avez risqué votre vie pour annoncer à tous la Vie qui est en Jésus, confiez au divin médecin toutes les personnes qui luttent au chevet des malades, qui se dépensent pour leurs frères et cherchent pour développer des traitements.

Vous qui avez vécu en fils de l’Église en toutes circonstances, priez pour que les chrétiens donnent à tous le témoignage humble de leur confiance paisible, de leur charité active, et de leur espérance invincible qui viennent du cœur du Christ.

Vous qui ne vous êtes jamais résignés au mal, obtenez-nous de ne céder ni au fatalisme ni à la panique, mais d’avancer les yeux fixés sur la croix de Jésus, mort et ressuscité, en qui est la victoire totale et définitive sur le mal.

Glorieux saint Sébastien et saint Roch, nos amis dans la difficulté, demandez-le à Dieu notre Père, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec lui dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

Saint Roch, priez pour nous.

Saint Sébastien, priez pour nous.

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