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Même confiné, on peut prier et méditer ! n°12

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (11, 45-57)

En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait-là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.

 

Méditation : "Qu'en pensez-vous ? Il ne viendra surement pas à la fête !"

Père Benoît Delabre, curé de l'Unité pastorale Notre-Dame de l'Arbois

Le mardi 24 mars au matin, j’allais célébrer mes premières funérailles en temps de confinement au cimetière de Bouc-Bel-Air. Lorsque je suis arrivé, les Pompes Funèbres étaient déjà en train de fermer le caveau. Je me suis inquiété pour savoir si je m’étais trompé d’heure, ce qui n’était pas le cas. Je n’étais pas arrivé en retard ( !), aussi j’ai demandé pourquoi le défunt était déjà inhumé. Il m’a été répondu : « quelqu'un a dit ‘il ne viendra pas’ » Depuis, j’ai encore célébré cinq funérailles avec à chaque fois la même crainte : « allons-nous trouver quelqu'un pour venir au cimetière ? » et une immense reconnaissance que je sois là. 

Comment ne pas être là, ne pas venir ? ‘Enterrer les morts’ fait partie des sept œuvres de miséricorde corporelle, à laquelle nous ne pouvons nous défiler. Cela s’impose à moi. Cela fait partie de ma vocation : venir à cet endroit.

Nous applaudissons chaque soir le personnel soignant qui se tient auprès des malades malgré la peur et la fatigue. Comment pourraient-ils ne pas venir dans la vocation qui est la leur ? Un pneumologue que je connais me disait qu’il ne regrettait rien, que c’était cela qu’il avait voulu, soigner les gens.

Comment Jésus, lui qui répète dans l’Évangile de Jean, qu’il ne cherche pas sa gloire, mais celle de son Père, ne viendrait pas. Il est vrai que nous ne le comprenons qu’après coup : « ne fallait-il pas que le Fils de l’homme souffrit tout cela pour entrer dans sa gloire ? » (Luc 24, 26). Et nous, en cette semaine sainte 2020, nous ne pourrons venir à la fête dans nos églises ! Cela n’est pourtant pas possible pour nous ! C’est, pour nous aussi, une question de vocation, d’appel intérieur. Car cela n’est pas possible de ne pas suivre celui qui nous a montré son amour jusqu'au bout, de ne pas lui montrer notre reconnaissance, non pas en applaudissant, mais en prenant son chemin. Cela s’impose à nous, de l’intérieur, d’entrer avec lui à Jérusalem en l’acclamant, de vivre son dernier repas, de le suivre dans sa passion jusqu'à la mort sur la croix et son ensevelissement, et de recevoir sa résurrection. Les moyens pour vivre cette semaine sainte sont inhabituels, mais multiples, par papier, ou par écran, peu importe, même si l’écran a l’avantage de manifester plus clairement la communion. 

En terminant, je vous livre cette prière du Frère Charles de Foucauld, qui a vécu des mois sans messe avant qu’il ne reçoive l’autorisation de célébrer seul, et a sans doute célébré la semaine sainte seul. Il a écrit cette prière en méditant la passion selon Saint Luc :

Mon Père, je m’abandonne à toi.

Fais de moi ce qu’il te plaira.

Quoique tu fasses de moi, je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.

Pourvu que ta volonté se fasse en moi et en toutes tes créatures,

je ne désire rien d’autre mon Dieu.

Je remets ma vie entre tes mains.

Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur

parce que je t’aime,

et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,

de me remettre entre tes mains sans mesure

avec une infinie confiance,

car tu es mon Père.

 

Prière

Nous pouvons réciter ensemble à midi, un « Je vous salue Marie », un « Notre Père », et la « Prière en temps d’épidémie » écrite par un prêtre du diocèse :

 

Prière en temps d’épidémie

Saint Roch et saint Sébastien, amis du Seigneur Jésus, vous qui avez connu l’épreuve de la souffrance et de la maladie, soyez aujourd’hui les ambassadeurs de notre prière auprès de Dieu notre Père. En ce temps d’inquiétude et d’incertitude, nous recourons à vous avec confiance pour demander votre intercession.

Comme nos aïeux en Provence qui n’ont jamais désespéré de Dieu dans les pires moments des épidémies de peste et se sont toujours confiés à vous, nous renouvelons cette fidélité à l’heure du coronavirus qui nous frappe aujourd’hui.

Grand saint Roch, grand saint Sébastien, vous qui contemplez le visage de Dieu dans la gloire du ciel, voyez vos frères et sœurs d’ici-bas qui sont aux prises avec les flèches de la maladie aux quatre coins du monde.

Vous qui goûtez la plénitude de l’amour du Saint-Esprit, demandez-lui pour nous la fraîcheur dans la fièvre, la guérison pour ce qui est blessé.

Vous que la sainte Vierge Marie a présenté à Dieu après l’épreuve, demandez-lui de nous prendre dans son manteau de miséricorde et de dire à son Fils que nous manquons du vin de la joie.

Vous qui avez risqué votre vie pour annoncer à tous la Vie qui est en Jésus, confiez au divin médecin toutes les personnes qui luttent au chevet des malades, qui se dépensent pour leurs frères et cherchent pour développer des traitements.

Vous qui avez vécu en fils de l’Église en toutes circonstances, priez pour que les chrétiens donnent à tous le témoignage humble de leur confiance paisible, de leur charité active, et de leur espérance invincible qui viennent du cœur du Christ.

Vous qui ne vous êtes jamais résignés au mal, obtenez-nous de ne céder ni au fatalisme ni à la panique, mais d’avancer dans ces quarante jours de Carême les yeux fixés sur la croix de Jésus, mort et ressuscité, en qui est la victoire totale et définitive sur le mal.

Glorieux saint Sébastien et saint Roch, nos amis dans la difficulté, demandez-le à Dieu notre Père, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec lui dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

Saint Roch, priez pour nous.

Saint Sébastien, priez pour nous.

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