Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

HOMÉLIE DU DIMANCHE DE PÂQUES (Ac 10, 34a. 37-43 ; Ps 117 (118) ; Col 3, 1-4 ; Jn 20, 1-9)

« Christ est ressuscité, Alléluia ! Réjouissons-nous et soyons dans la joie ! Alléluia ! »

Chers amis,

Pourquoi célébrons-nous la Résurrection de Jésus ? Nous célébrons la Résurrection de Jésus parce qu’en elle s’accomplit le but de toute notre vie. Si nous avons passé 40 jours à jeûner, c’est justement pour préparer nos cœurs à ce grand événement qu’est la résurrection. C’est là le fondement de notre foi. C’est là ce qui nous fait vivre. Si le Christ n’était pas ressuscité, nous dit saint Paul, vaine serait notre foi. Et cette foi est ce qui a fait tenir les disciples. « Il vit et il crut », nous dit saint Jean au sujet de l’autre disciple, le premier à être venu au tombeau. Et chacun des trois personnages de cet évangile en a fait l’expérience à sa façon.

D’abord Marie-Madeleine. Tout le monde connaît l’histoire de cette pécheresse à qui le Seigneur a pardonné ses péchés alors que tout semblait perdu pour elle. Et depuis, lors, son amour pour le Seigneur n’avait plus de limites. Et la voilà encore aujourd’hui, au lever du soleil, le premier jour de la semaine, entrain de se rendre au tombeau pour embaumer le corps de son Seigneur. Sa passion pour le Christ l’avait tellement aveuglée qu’elle n’avait pas pris une minute pour penser qu’Il avait pu tenir sa promesse : il est ressuscité ! Mais remarquez un petit détail. L’évangéliste nous dit qu’elle s’était rendue au tombeau de grand matin. En principe à cette évocation, on est certain qu’il y a lever de soleil. Et il nous dit tout de suite après que c’était encore les ténèbres. Curieux non ? En effet, malgré tout son dévouement, Marie Madeleine n’avait pas encore fait l’expérience de la Résurrection de son Sauveur. Tout comme les disciples d’Emmaüs, il lui reste du chemin à parcourir. Mais elle avait accepté de prendre la route du pardon des péchés qui conduit à la résurrection.

Ensuite, nous avons Pierre. C’est à lui que va recourir Marie Madeleine pour venir dénouer la situation. Pierre non plus n’était pas le modèle du bon disciple. Il y a juste quelques heures de cela, il reniait son maître à l’article de la mort. Et voilà que c’est vers lui que s’avance celle-là qui a été la première à se rendre compte du tombeau vide. En laissant déborder mon imagination, je me suis dit que si Pierre savait réellement que le Christ ressusciterait, à l’annonce de Marie-Madeleine, il aurait pu simplement répondre : « Oui, je sais qu’il ressusciterait ». Mais non, il court au tombeau se rendre compte de la véracité de l’annonce de Marie de Magdala. Même Pierre, malgré toute la fougue qu’on lui connaissait, n’avait pas cru que, selon les Ecritures, Jésus devait ressusciter d’entre les morts. Tout comme à Marie-Madeleine alors, il reste à Pierre du chemin à parcourir. C’est simplement la preuve chers amis que nos vies ne sont jamais des points d’arrivée. Nous sommes quotidiennement et constamment en route. Et être en route signifie que l’on accepte les obstacles qui peuvent se présenter à nous. Etre en route implique que nous accueillions les difficultés, non pas forcément comme des punitions, mais plutôt comme des appels à grandir dans l’amour de Dieu. Annick de Souzenelle dit que « nous vivons ce que nous sommes ; non par punition, mais pour que nous nommions ce qui se passe en nous dans un inconscient qui nous échappe totalement ». C’est à cette seule condition que nous pourrons ressusciter au dernier jour. Oui, chers amis, la lumière ne peut venir que des ténèbres assumées, tout comme nos journées elles-mêmes dépendent de la qualité de nos nuits. Sachons alors accueillir tout ce qui nous est donné afin de grandir sous le regard aimant de notre Dieu. Ainsi, notre fidélité se trouvera récompensée et nous ressusciterons.

Enfin, nous avons l’autre disciple, celui que Jésus aimait et que l’évangéliste Jean ne nomme jamais. Voilà quelqu’un qui a toujours de l’ardeur. Rien ne lui fait peur. Il court plus vite que Pierre, à cause de sa jeunesse peut-être. Mais ce qui est intéressant c’est ce qui est dit de lui : « Il vit et il crut ». C’est au sujet de lui seul qu’est donnée cette précision. Il vit et il crut que Jésus est la résurrection et la vie. Il vit et il crut que par Jésus nous ressusciterons nous aussi. La résurrection de Jésus n’est pas chose évidente pour les disciples bien qu’ils aient été avec Lui pendant tout son ministère. C’est au vu des linges posés là qu’ils croient. Ceux-ci étaient comme des pièces à conviction qui prouvent la Résurrection du Christ. A ceux qui feraient passer le bruit comme quoi Jésus ne serait pas ressuscité, saint Jean semblait répondre par ces propos : « Si on avait pris le corps, on aurait pris les linges aussi ! Et s’il était encore mort, s’il s’agissait d’un cadavre, on n’aurait évidemment pas enlevé les linges qui le recouvraient. » Ces linges sont donc la preuve, chers amis, que Jésus est bel et bien libéré de la mort. Contrairement à Lazare qui sort du tombeau tout lié, Jésus, Lui, sort délié, pleinement libéré. Son corps ressuscité ne connaît plus d’entrave. Quel mystère ! Quelle étonnante nouvelle ! Jésus est ressuscité, brisant les sécurités bétonnées que l’homme s’était faites. Nous sommes en face là d’un mystère inouï. La mort est mise à genoux devant la vie ; la haine cède la place à l’amour car il a fait les premiers pas.

Oui chers amis, « la résurrection n’est pas en continuité simple avec la vie de Jésus. Elle est un événement d’un autre ordre. Elle constitue une déchirure de notre finitude, et, en tant que telle, elle échappe aux vérifications et ne se laisse reconnaître que par la foi». C’est elle qu’il nous faut demander au Seigneur en ces jours où nous nous trouvons dans le tombeau vide de notre humanité qui croule sous le poids de nos fautes et de nos péchés. Le Christ est ressuscité emportant la victoire sur le mal. Demandons-Lui de raviver en chacun de nous l’espérance et la foi qui nous font avoir confiance en Lui, dans son ultime triomphe, dans sa bonté et dans son amour que rien ne peut ébranler ; et surtout, qui nous font croire au-delà de toutes nos souffrances humaines, que la Résurrection est l’acte final dans l’histoire humaine.

« Christ est ressuscité, Alléluia ! Réjouissons-nous et soyons dans la joie ! Alléluia ! »

 

Gildas DOSSOU, Diacre

 

[1] Bernard Sesboüé, Le Christ dans la tradition de l’Eglise

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :