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HOMÉLIE DU DIMANCHE 26 AVRIL 2020 : Les pèlerins du premier jour de la semaine

Je me réjouis toujours de méditer ce passage de l’écriture, tellement il parle à notre cœur de baptisé. Tout d’abord parce que nous pouvons nous identifier parfaitement à ces pèlerins : l’un est nommé Cléophas mais l’autre est un personnage inconnu, en lequel on peut imaginer son épouse (chemin d’un couple croyant avec le Seigneur), un disciple connu ou non, ou tout simplement vous ou moi en route … car un ami de Jésus c’est forcément quelqu’un en marche, un pèlerin sur cette terre.

Et surtout parce que, ce que vivent ces pèlerins, c’est ce que chacun de nous sommes invités à célébrer chaque dimanche : L’action se déroule précisément le premier jour de la semaine, un dimanche, le jour où chaque chrétien est se met en route pour venir glorifier le Seigneur.

D’ailleurs en 2008, le Pape Benoit XVI, avait commenté cette belle page d’évangile et montré qu’elle contenait toute la structure de la Sainte Messe.

 

1 – Accueil et liturgie pénitentielle : 

Ces deux disciples, marchent en se remémorant les évènements de ces derniers jours, et nous voyons des hommes découragés, dont l’espérance est brisée au moment où Jésus les rejoint.

N’est-ce pas un peu notre attitude en début de célébration ? Nous venons offrir notre semaine avec nos espérances mais aussi nos peines, nos souffrances, nos faiblesses, nos péchés. Nous venons à la messe, avec le besoin de nous confier à Dieu et nous laisser accueillir par Lui afin qu’il apaise notre cœur et nous donne son pardon.

Alors, « Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. »

Il était présent à eux, comme il se rend présent aujourd’hui lorsque nous sommes réunis en son nom : il est au milieu de nous. « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».  Ne l’oublions pas, (surtout en période de jeûne eucharistique) la présence de Jésus est réelle - non pas uniquement sous les espèces du pain et du vin -, mais aussi par l’assemblée des croyants qui se mettent en prière avec foi.

2 – Liturgie de la Parole : « partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait » Pour faire comprendre aux disciples comment, dans les Ecritures, sa mort et sa Résurrection entrent dans le plan divin du salut, Jésus leur explique les écritures. Ainsi en est-il pour nous aussi, au cours de la messe, la lecture de la Parole et l’homélie constituent un temps d’écoute où Dieu et l’histoire du salut se révèlent à nous.

 

3 – Liturgie de l’Eucharistie : « Reste avec nous… » Comment peuvent-ils laisser Jésus s’éloigner maintenant que dans leur cœur s’est creusé un tel désir du Seigneur !? C’est ce que nous exprimons lors de la profession de foi, chaque dimanche.

« Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. » Là encore, c’est ce que nous vivons à chaque messe lors de la prière consécratoire.

 « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent » Oui, au début du chemin, « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître » tellement ils étaient accaparés par l’épreuve de la croix, et la reconnaissance du Ressuscité ne va vraiment s’accomplir en eux, que dans le geste de la fraction du pain.

Et pour nous, en ce troisième dimanche de Pâques, tout comme ces pèlerins, c’est par notre foi que le Christ devient visible, présent à notre cœur. Par notre foi, nous voyons désormais dans le sacrifice de la croix et dans le sacrifice de l’Eucharistie, un unique sacrifice : Celui du don de Dieu par excellence. Et c’est cela qui nous fait vivre.

 

– Liturgie de l’envoi : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » Quelle belle prière d’action de grâce ! Ne sommes-nous pas, nous aussi, le cœur tout brûlant après une belle célébration eucharistique ?! Et cela donne des ailes, de l’énergie spirituelle pour toute la semaine.

 

« À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. » 

Forts de cette rencontre, les disciples inversent leur voyage et deviennent témoins. Alors qu’ils partaient sur des routes incertaines, ils reviennent fortifier leur communauté et leur annoncer que Jésus est vivant.

A la fin de la célébration eucharistique, le prêtre ou le diacre nous envoie proclamer, partager et témoigner de tout ce que nous avons reçu.

Tout comme Pierre, dans la première lecture, nous pouvons proclamer au monde la résurrection du Christ : « Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption.  Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. »  Ac2, 32

 

Comme je le disais en introduction, le compagnon de Cléophas, c’est vous, c’est moi, c’est chacun de nous aujourd’hui, au cœur de cette célébration. Nous y venus avec l’offrande de notre vie dans toutes ses dimensions. Nous sommes y venus reprendre des forces par l’écoute de la Parole à travers les Saintes Écritures, nous y sommes venus prier par la liturgie eucharistique, nous y sommes venus nous nourrir de la Parole et de la communion avec le Christ présent dans le Sacrement de son Corps et de son Sang.

Ainsi fortifiés, nous sommes devenus capable de porter au monde l’amour de Dieu et être l’Eglise présente sur tous les chemins du monde.

Car c’est en se nourrissant à ce double banquet, du pain de la Parole et du pain de l’eucharistie que l’Église s’édifie sans cesse et se renouvelle de jour en jour, dans la foi, l’espérance et la charité.

Amen.

Philippe VINCENT

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